Affaire maire boxeur de Sighnoghin : La victime convoquée et rabrouée chez le procureur !

Affaire maire boxeur de Sighnoghin : La victime convoquée et rabrouée chez le procureur !

mercredi 20 août 2008.
 
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Pascal T. Ouédraogo

Notre article intitulé " Le maire boxe au maquis "semble avoir mis le procureur du Faso dans ses états. Dès la parution du canard, le 25 juillet dernier, madame Abibata Nacro est convoquée au parquet où elle est proprement rabrouée pour avoir conté sa mésaventure aux journalistes. Mais là ne s’arrête pas la surprise surprise …

Madame Abibata Nacro a-t-elle eu tort de parler de son affaire aux journalistes ? La réponse est sans doute affirmative pour le procureur du Faso, lui qui, à la lecture de notre article s’est empressé de la convoquer à son bureau pour le lui reprocher. "Pourquoi êtes-vous allée voir les journalistes alors que la justice est là pour ça ? Reprenez votre dossier et remettez-le aux journalistes à traiter ! Si vous rapportez ça aux journaux, je vous enferme à la MACO." C’est en substance ce que lui aurait asséné le procureur.

"Excusez-moi M. le procureur, je suis allée vers les journalistes parce que j’ai eu le sentiment que ma plainte était en train d’être étouffée. Je ne savais pas qu’elle était entre vos mains", lui répondit la dame, surprise et un peu apeurée.

Après cet intermède, le procureur lui demande de rédiger une plainte en bonne et due forme pour lui permettre d’agir. N’ayant pas assez d’instruction, elle demande au procureur l’autorisation d’aller se faire aider à la maison. Le procureur refuse et propose de la faire aider. Il motive sa proposition par le souci d’éviter qu’elle aille voir des gens qui vont la pousser à faire ce qu’elle ne doit pas faire.

Elle est alors confiée à un certain Bamouni qui l’amène dans un autre bureau. Ce dernier lui remet un papier dont elle doit recopier le contenu. Après avoir recopié le texte, elle est priée de le signer et d’y apposer un timbre. Le document est ensuite remis au substitut Tapsoba. Ce dernier lui donne rendez-vous le 29 juillet où, en principe, toutes les parties devraient être présentes.

Le jour J, elle se présente au bureau du substitut Tapsoba. Surprise ! Dans un ton proche de la raillerie, le magistrat opine : "Madame, vous avez déposé une première fois une plainte contre le maire. Vous écrivez une seconde fois pour dire que votre plainte a été déposée par ignorance et que vous demandez pardon au maire !" La dame Abiba comprend tout de suite qu’elle a été dupée. Elle explique au substitut que dans le document qui lui a été donné à recopier, elle a bien vu ce passage où il était question d’ignorance et de pardon. Mais elle pensait que ces propos s’adressaient au procureur qui lui reprochait d’avoir parlé aux journalistes. Mais si c’est pour demander pardon au maire qui l’a frappée, il n’en est pas question.

Furieuse, elle se précipite au bureau du procureur pour comprendre, mais sans rendez-vous, elle n’a pas réussi à se faire recevoir ! Encore un de ces coups tordus où la justice est en train d’être détournée pour servir la cause des puissants. Quoi qu’ils aient fait ! Il est temps d’arrêter net cette dérive, si on ne veut pas avoir à affronter un incendie.

Germain Bitiou Nama

L’Evénement



22/08/2008
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