Arrondissement de Sighnoghin : Le maire Pascal Ouédraogo bat une femme dans un maquis

Arrondissement de Sighnoghin : Le maire Pascal Ouédraogo bat une femme dans un maquis

lundi 4 août 2008.
 
Pascal Ouédraogo, maire de l’arrondissement de Sighnoghin, est un personnage qui défraie la chronique en raison de ses attitudes de cow boy. Les sœurs Abiba et Zénabou Nacro, tenancières de maquis l’ont appris à leurs dépens le 15 juillet dernier avec la descente musclée du maire au maquis Les Retrouvailles. L’histoire de ce maquis est un véritable cauchemar pour madame Sangaré née Nacro Abiba.

François Ouédraogo est présenté à la dame Abiba, comme le responsable d’un local composé de deux maisonnettes que celle-ci souhaite exploiter comme maquis. Ils se mettent d’accord sur un loyer mensuel de 20 000 FCFA. Pour occuper les lieux, elle doit déposer une avance de trois mois. Mais voilà qu’au moment de procéder aux formalités de branchement électrique, elle découvre des impayés de 53500F. Elle fait la proposition à M. François Ouédraogo, d’utiliser l’avance pour régler les arriérés. Celui-ci accepte. Mais au moment de la remise de l’argent, François réclame encore 20 000FCFA, au motif que le propriétaire n’accepterait pas de donner sa maison sans rien percevoir. Abiba se laisse convaincre. En libérant le maquis, les propriétaires ont souhaité laisser derrière eux un congélateur avec la promesse de repasser après le récupérer. Abiba hésite mais accepte finalement. Le 15 juillet dernier, deux jeunes se présentent pour enlever le congélateur. Elle reconnaît l’un d’entre eux comme celui qui avait négocié pour laisser le congélateur. Avant l’enlèvement de l’appareil, ils tiennent à le brancher pour s’assurer de son état. La dame leur accorde 10 minutes mais eux exigent une heure de branchement.

Le ton monte, mais la dame ne réussit pas à leur faire accepter les 10 minutes. Elle rejoint les clients attablés et demande à sa sœur Zenabou de rester sur place pour surveiller. Dès qu’elle tourne le dos, les jeunes gens demandent à la fille de sortir. Ce qu’elle refuse. Ils s’emparent d’elle et la jettent dehors de force. C’est en ce moment qu’un des deux dénommé Parfait qu’on dit être le fils de Pascal Ouedraogo affirme que c’est lui le propriétaire. Revenu sur ses pas, Abiba lui demande pourquoi il se comporte ainsi, c’est un coup de poing qu’elle reçoit dans l’œil en guise de réponse. Le geste découvre un pistolet qu’il porte à la ceinture. Sur les entrefaits, arrive un monsieur, l’air apparemment respectable. Abiba se dit intérieurement, voilà quelqu’un qui vient me sauver. Erreur !

Commencent alors des discussions dignes de cabaret. Qui vous a loué la maison ? Dit le nouvel arrivant. Sans attendre la réponse, il enchaîne : "Des bordels comme ça, allez construire dans vos derrières…" La dame Abiba qui n’entendait pas se laisser faire, réplique : "Si on construisait dans des derrières, c’est dans ton derrière qu’on va construire afin que nous y habitions nous autres ! " Elle ne savait pas qu’elle avait affaire à Pascal Ouédraogo, le maire de Sighnoghin. Dans un geste brutal, ce dernier se retourne et lui assaine une gifle qui l’expédie au sol. Son fils Parfait, qu’on dit être gendarme de son état, prend le relais, lui donne des coups de pied en lançant des cris hystériques : "Tu t’amuses avec nous… On enverra des milices s’occuper de toi…" Ces derniers n’ont pas tardé à arriver. Parfait enjoint la dame Abiba de quitter le maquis. Il sort 55 000F qu’il remet à la dame. Elle se redresse dans la douleur pour prendre l’argent qu’elle ajoute à ses recettes, soulève ensuite une nappe de table et dépose l’argent. Nous sommes aux environs de midi.

Considérant qu’elle n’a plus rien à faire dans leurs locaux, les jeunes gens qui sont arrivés en renfort balancent tout dans la rue sous une pluie battante : tables, chaises, bouteilles et verres. Ordre est intimé à la sœur Zénabou qui se trouvait dans une des maisonnettes de quitter le maquis. Pendant ce temps, ils barrent la porte de leurs corps et disent à la jeune fille de casser le mur pour sortir. Ils finissent par prendre les deux dames et les jettent à la rue. Voilà pour la petite histoire.

La suite se passe à la brigade de ville de la gendarmerie où les deux dames sont allées porter plainte. Des convocations leur ont été remises pour le maire et son fils pour le vendredi 18 juillet. Le jour J. le fils du maire s’est présenté en compagnie du conseiller, mais point de maire. Les deux sœurs ont quitté la gendarmerie avec la promesse qu’un autre rendez-vous sera fixé. A ce jour, le rendez-vous promis n’a pas encore eu lieu. Le comportement digne de vandales restera-t-il impuni ? Les associations civiques et des droits de l’homme sont interpellées, en particulier celles défendant les droits des femmes.

GBN

L’Evénement



06/08/2008
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