Bobaraba : Le culte de l’illusion. Attention, danger !

Bobaraba : Le culte de l’illusion. Attention, danger !

mercredi 14 mai 2008.
 
De tout temps, on sait que les femmes ont affronté des souffrances, des dangers, pour être belles. Pour plaire à ces messieurs, elles sont prêtes à prendre des risques extrêmes. Il ne faut pas s’étonner aujourd’hui que pour répondre à certains canons de beauté chers aux hommes, elles aillent jusqu’à pratiquer la chirurgie esthétique ou à recourir à des formes de manipulation génétique pour arranger telle partie du corps à mettre en évidence par rapport à telle autre.

Il est reconnu que chez les hommes, les parties de la femme qui exercent le plus d’attrait, ce sont les jambes, les seins et surtout les fesses. Et là, en Afrique, les fesses apparaissent comme l’attrait par excellence chez la femme. Pour ces femmes qui ont reçu, grâce à dame nature, cette marque de beauté comme par exemple celles qu’on rencontre chez les Bouchimans et Ottentos en Namibie à la stéatopygie légendaire, c’est du pain béni mais lorsqu’on n’a pas été gâté comme elles, on peut tout de même forcer la nature, surtout que la science nous en donne amplement les possibilités.

C’est ce que depuis la belle époque où tout feu tout flamme, Mobutu régnait sur le Zaïre, les femmes là-bas ont découvert. Leur imagination aidant, elles se sont dit que si les comprimés arrivaient à faire grandir en proportions extraordinaires telle partie ou telle autre d’un animal pour répondre au goût du client, elles pourraient elles aussi –en utilisant ces mêmes comprimés- cibler leurs fesses pour leur donner beaucoup plus de rondeur, d’amplitude afin de satisfaire la vue de l’homme et d’aiguiser son intérêt. Quelques revues ont parlé de ce phénomène sans qu’on se doute qu’il se répandrait comme une traînée de poudre sur le continent. Les sciences de la communication aidant, Abidjan a été gagnée à son tour par la folie et il n’est jusqu’aux chanteurs et artistes qui ne se soient mis de la partie pour exalter les gros postérieurs, avec une danse fessière qui fait fureur, le « bobaraba » (qui signifie grosses fesses en malinké). Le mot est devenu synonyme de gros postérieur et il n’est jusqu’aux fillettes qui, regardant la télévision, rêvent d’avoir des « bobaraba » pour réussir dans la vie.

Les fesses bien rebondies sont ainsi mises en relief et des démarches particulières sont adoptées selon que la femme porte le pagne, le pantalon Jean, le Patd’Eph ou la jupe.

Mais voilà, le hic, c’est que pour atteindre le sommet de ces canons de beauté, les produits utilisés qui servent aux animaux, et qui ne font pas déjà l’unanimité dans le monde scientifique, sont tout à fait interdits pour le genre humain, encore et surtout que tout y passe : produits à base de plantes, notamment d’écorces, de noyaux de fruits, de racines, et l’huile de foie de morue qui est utilisée en suppositoire. Il semble qu’une quantité non négligeable de ces produits vient en grande partie du pays de Pelé, le Brésil.

Il existe aussi des mixtures faites de poudre d’écorce mélangée au beurre de karité qu’on applique sur la partie souhaitée et le miracle se produit, dit-on. Sans compter ces terribles comprimés dont les scientifiques indiquent leur teneur cancérigène.

Sur le sujet, des médecins ont déjà expliqué que les huiles « Bobaraba » et « Botcho » peuvent par ailleurs provoquer de sérieux problèmes lors de l’accouchement, des enflures sur d’autres parties du corps ou des difficultés aux nourrissons pour les femmes qui allaitent.

Il est grand temps que la réflexion de la communauté internationale se fasse plus sérieuse sur ces types de dérives. Il est vrai qu’on a ici affaire à un droit consacré par les constitutions, la Charte des Nations Unies : celui que possède l’individu sur son corps.

Si l’on a du mal à empêcher aux transsexuels de vivre les transformations de leurs corps jusqu’aux ablations, comment interdire à une femme de faire pousser son postérieur parce qu’elle se sentirait mieux dans son corps et dans son esprit ? Difficile équation qui ne doit pas empêcher de trouver des solutions lorsqu’à l’évidence, cela devient une question de santé humaine et que, plus que les intéressés, cela porte atteinte à la vie des nourrissons et d’enfants innocents !

 

Aristide Ouédraogo



14/05/2008
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