Burkina # Nigeria (1-2) : Les Etalons « out » sans la manière

Burkina # Nigeria (1-2) : Les Etalons « out » sans la manière

Eliminatoires du Championnat d’Afrique des nations
mardi 20 mai 2008.
 
Battus 4-1 sur l’ensemble des deux matchs, soit 2-0 à Calabar à l’aller le 4 mai et 2-1 ce 18 courant au retour sur leurs propres installations au stade du 4-Août, les Etalons locaux sont éliminés du championnat d’Afrique des nations. Mais, que d’espoirs déçus au retour.

Au coup de sifflet final du directeur de jeu, le Guinéen Aboubacar Bangoura, c’est la consternation qui se lisait sur les visages, autorités, supporters et sympathisants des Etalons. Cette consternation est d’autant plus grande, tant les Etalons avaient la latitude de tuer le match en première mi-temps et l’adversaire, loin d’être un foudre de guerre. Les Etalons qui se savaient le dos au mur, dès le coup d’envoi sont allés tout de suite au charbon. Ils réussissent à se créer dès la 2e mn et la 7e mn des occasions franches de scorer. Mais hélas. Issiaka Ouédraogo, servi sur un plateau d’or, face à face au gardien nigérian, tremble et fait la passe à ce dernier.

Sur un coup franc repoussé par le portier nigérian, la balle échoit au pied de Jean-Noël Lingani en plein cœur de la zone de vérité des Super Eagles ; ce dernier également balbutie et sa frappe passe au-dessus. Ces deux belles occasions que viennent de rater les Etalons allaient constituer, on s’en doutait, le tournant du match. Ce sont des mauvais signes. Les Etalons maintiennent le pressing, ce sont eux qui ont la possession du ballon, les Super Eagles sont obligés de replier pour ne laisser que Otorogu Eznwa à la pointe de l’attaque.

Les efforts des Etalons finissent par être payants à la 26e mn grâce à un centre de Dramane Nikièma que réceptionne et travaille bien Youssouf Sanou. Celui-ci passe à Issiaka Ouédraogo, nez à nez avec le gardien nigérian et cette fois, trouve le cadre. Ce but des Etalons soulève des ovations et fait croire que les mauvais signes de début de match viennent d’être exorcisés. Galvanisés par le but, les Etalons sont toujours maîtres du terrain, quand bien même ils ont eu des sueurs froides à la 30e mn par un tir dangereux de David Tyaukase comme réplique au but des Etalons. Les Etalons s’offrent des opportunités mais les attaquants, Issiaka Ouédraogo, Dramane Nikièma, Youssouf Sanou, Lingani ne pourront concrétiser.

Baisse de régime des Etalons

Si ce ne sont pas des tirs non cadrés, c’est le portier nigérian Bassey Akpan qui avait le dernier mot. La mi-temps intervient sur ce maigre avantage des Etalons. En cette 2e mi-temps, les Etalons payent leur débauche d’énergie aux résultats très insuffisants de la première mi-temps. Ils sont cueillis à froid dès la 6e (51e mn) par le but égalisateur des Super Eagles, réussi de la tête par Uga Okpara (il n’a pas joué à Calabar) sur un corner.

L’équation pour les Etalons se complique car il leur faut maintenant trois autres buts pour se qualifier pour le 2e tour. L’entre-jeu des Etalons laisse voir des failles, Jean-Noël Lingani, visiblement n’est plus dans la lecture du jeu. Cela amène le coach Sidiki à faire deux changements simultanés : Ali Rabo pour Lingani et Ahmed Touré pour Ibrahim Dermé (ce changement n’a pas recueilli l’assentiment du public). Cela ne donnera rien, les Etalons sont à bout, ce sont les Super Eagles plutôt qui reprennent du poils de la bête et se montrent dangereux ou s’adonnent parfois au jeu de blessures pour perdre le temps.

Au vu de l’incapacité de réaction des Etalons, on savait leur cause entendue mais on n’était loin d’imaginer un 2e but nigérian. Pendant qu’on était dans les arrêts de jeu, une balle est reprise de manière anodine aux abords de la surface de réparation par David Tyaukase (il n’a pas non plus joué à Calabar) et trompe toute la défense et le portier Amadou Séré. Les Etalons sont éliminés et l’apprennent à leurs dépens que dominer sans marquer en football n’est pas gagner.

Le coach Diarra est plus qu’abattu : « Nous nous sommes créé des occasions, à la limite de la ligne de but sans réussir à les concrétiser, c’est là où le bât blesse », confie-t-il en fin de match. 48 heures avant le match, le ministre des Sports, Jean-Pierre Palm était parti au COMET pour exhorter les Etalons, à la victoire. Il avait aussi laissé entendre ses quatre vérités sur l’absence de résultats en football par rapport aux autres disciplines. Le constat est que cela n’a pas suffi à fouetter le moral des footballeurs.

Barthélémy KABORE

Sidwaya




20/05/2008
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