Côte d’Ivoire : la société civile ivoirienne chez Blaise Compaoré

 
Le vendredi 11 et le samedi 12 avril 2008 ont été des journées "ivoiriennes" à la présidence du Faso. Blaise Compaoré a, en effet, reçu à la première date, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Y.J. Choï et, à la seconde, la société civile ivoirienne dans toutes ses composantes.

A la sortie d’audience, Y.J. Choï a déclaré que le processus de paix en Côte d’Ivoire étant "rentré dans un moment décisif" avec la perspective imminente des élections, il importait de s’entretenir avec le facilitateur, Blaise Compaoré, car, "le rôle qu’il joue est crucial". Le diplomate onusien est donc venu "solliciter sa sagesse" et prendre des directives pour lever les points de blocage et faciliter ainsi, la tenue des élections.

Y.J Choï a déclaré que la communauté internationale est prête à "débloquer 5 milliards de F CFA" pour accompagner efficacement le processus. Le lendemain donc, Blaise Compaoré recevait la société civile ivoirienne avec à sa tête, le docteur Patrick N’Gouan, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. Lequel a déclaré à sa sortie d’audience, que leur démarche consistait "à faire des propositions en vue d’impliquer la société civile dans la recherche d’une solution définitive à la crise ivoirienne, à travers, d’une part, l’Accord politique de Ouagadougou et d’autre part, l’organisation de Journée de consensus national en Côte d’Ivoire".

Après avoir présenté la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) créée le 21 octobre 2005 et comptant 51 organisations qui veulent "promouvoir les droits de la personne, la bonne gouvernance et la démocratie participative, gages de paix et de développement humain durable", Patrick N’Gouan a déclaré que la présence de cette société civile aux côtés du facilitateur pourrait "contribuer à réduire sensiblement les difficultés qui ralentissent la mise en œuvre de l’Accord". Au rang de celles-ci, le porte-parole des forces vives ivoiriennes cite "les polémiques entre les acteurs politiques sur certaines questions, l’impatience des couches socio-professionnelles qui se traduit par des grèves à répétition et le retard dans la mobilisation du financement du processus". "Le point de vue impartial" de la société civile devrait "aider à surmonter les polémiques entre les groupes politiques", et, "son implication formelle serait de nature à rassurer davantage les bailleurs de fonds quant aux chances de succès dans la mise en œuvre de l’Accord".

Et, pour sortir de la crise par le haut et de "façon définitive", la société civile propose l’organisation des journées de consensus national. L’objectif de celles-ci est "de formaliser les aspirations majeures des populations et de l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux permettant ainsi de poser des bases solides d’un nouveau contrat social en Côte d’Ivoire". Patrick N’Gouan a indiqué qu’ils ont été "encouragés" par le facilitateur dans cette démarche pour l’avènement d’une paix durable en Côte d’Ivoire. Si les fonds nécessaires étaient mobilisés, nul doute que dans les tout prochains jours, se tiendront ces journées d’introspection et de réflexion prospective en Côte d’Ivoire.

Boubakar SY

Sidwaya



15/04/2008
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