Enfin un président au Liban?

Liban

Enfin un président ?

 

C'est à applaudir : les parties libanaises, en concertation depuis déjà cinq jours à Doha sous l'égide du premier ministre Qatarie, Cheickh Hamad Bin Khalifa Al Thani et du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, sont parvenues à un accord de sortie de crise. Certes un accord ne vaut la moindre livre libanaise que si et seulement s'il est scrupuleusement respecté par les différentes parties en présence.

Mais au moins d'ores et déjà, les Libanais et la communauté internationale peuvent  espérer voir repoussé le spectre d'une nouvelle guerre civile dans cette partie du monde.

On se souvient en effet, que le 7 mai dernier, une crise politique avait dégénéré en affrontements sanglants entre factions rivales, qui ont fait 65 morts en une semaine. Lors de ces combats, le parti chiite Hezbollah, fer de lance de l'opposition, était parvenu à prendre le contrôle du secteur ouest de Beyrouth, fief des sunnites, qui soutiennent le gouvernement. Depuis, c'est le calme précaire à Beyrouth, qui retrouve petit à petit son animation habituelle : les commerces, les administrations et certaines écoles ont rouvert leurs portes.

Et naturellement tous les regards étaient tournés vers la capitale du Qatar.

Et très attendu, l'accord de Doha l'était assurément et c'est avec un ouf de soulagement qu'il a été accueilli, car il ne vise pas seulement à étouffer dans l'œuf le spectre de la guerre civile, qui se profilait à l'horizon - il permet aussi et surtout - d'élire un nouveau président de la République. Et à l'heure où nous tracions ces lignes, si son nom n'était pas connu, il pouvait l'être dans les heures qui suivent.

On se souvient que depuis novembre 2007, date du départ du prosyrien Emile Lahoud à la fin de son mandat, le Liban n'a plus de président et était poussé au gré des vagues tel un bâteau sans gouvernail. Selon toute vraisemblance, le nouvel élu à la tête de l'Exécutif sera le général Michel Sleimane, le chef de l'armée. La séance du Parlement chargée d'élire le tant attendu président de la République a été reportée à 19 reprises depuis septembre 2007, exacerbant davantage la crise qui a éclaté fin 2006 avec la démission des six ministres prosyriens du gouvernement dirigé par Fouad Siniora.

S'il est respecté, l'accord de Doha pourrait être le déclic pour que les Libanais se retrouvent pour parler enfin seulement de progrès économique, du développement de leur pays.

En effet, cet accord comprend une clause interdisant à l'avenir tout recours aux armes à des fins politiques. Mieux, il est prévu la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de 30 membres, soit 16 représentant la majorité, 11 l'opposition et les 3 restants  nommés par le nouveau président.

Une autre clause et non des moindres de cet accord de Doha, c'est la sensible question de la loi électorale, cruciale dans l'optique des législatives de 2009.

Ainsi pour éviter des contestations et des levers de boucliers inutiles, au Qatar on a préconisé le retour à la loi électorale de 1960, plus consensuelle et qui n'était plus en vigueur depuis.

Pour que l'accord  de Doha soit une suite logique pour la sortie de ce long tunnel où s'est depuis installé le pays du cèdre.

 

Boureima Diallo

L’Observateur Paalga du 22 mai



25/05/2008
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