FEDAP/CDP : La course à l’opinion a commencé

FEDAP/CDP : La course à l’opinion a commencé

mercredi 20 août 2008.
 
Les deux coépouses du régime font leur marché de l’opinion. La FEDAP a-t-elle à peine annoncé 150 tonnes de maïs que le CDP se signale aussi avec un " petit " 14 tonnes. Les deux ne jouent pas apparemment dans la même catégorie, mais au moins, les populations se souviendront que chacun a pensé à elles au moment difficile de la soudure. Le marquage politique semble avoir bel et bien démarré entre ces deux caïmans de la globosphère Compaoré.

C’est un confrère qui avait ironisé sur cette compétition sourdine qui a de plus en plus de mal à se cacher entre la FEDAP/BC, l’organisation apolitique née pour soutenir un homme politique et le CDP totalement politique qui ne vit que pour le même homme. Les deux organisations avaient au même moment tenu chacune une réunion à son siège. Constat du confrère. Du côté du CDP, il y avait beaucoup plus de mobylettes, tandis que de l’autre côté, à la FEDAP/PC, c’était la foire à la plus belle bagnole. C’était à qui conduirait la plus rutilante. Dans les résultats aussi, la différence est nette. Au moment où la FEDAP propose 150 tonnes de maïs à distribuer, le CDP caracole avec 15 petites tonnes. Comme on le voit, ce n’est plus le CDP qui a la palme des feuilles. L’époque de "mouille ni kam youa…" de Simon Compaoré est en train de passer de mode. Ou du moins la fortune est en train de changer de camp.

Un des soutiens de la FEDAP/BC, Barro Djanguinaba, pour ne pas le nommer, a instruit ses partisans de faire mieux pour la nouvelle organisation qu’ils ne le faisaient jusque-là pour le CDP. On s’imagine que tous les autres opérateurs économiques importants ont donné la même consigne. Alors, au CDP actuellement, le menu, c’est "chiens enragés". Les principaux opérateurs économiques et même les non principaux, chacun préfère pisser au bassinet de la FEDAP/BC que de continuer à alimenter le panier percé du CDP.

Le coup de massue de la révocation brutale de Salif Diallo du gouvernement, en mars dernier, et l’espèce de chasse à ses partisans qui semble s’être enclenchée dans l’administration et dans certaines institutions qui comptent de la place n’est pas faite pour arranger les affaires du CDP.

Dans un environnement de rareté (des finances), ses responsables et ses quelques affidés refusent de se laisser conduire à l’abattoir sans se débattre. Ils essayent donc, comme ils peuvent, de donner le change à ce machin qui n’a pas encore décidé de prendre sa couleur définitive. Comme les temps changent donc ! Il y a peu, c’est lui le CDP qui cristallisait toutes les rancoeurs des grèves la dalle de l’opposition. Maintenant, il semble bien que la puissance financière est en train de lui faire de l’infidélité.

Il ne lui reste plus que l’occupation administrative et politique. Mais pour combien de temps encore ? Il y a deux échéances qui sont attendues avec hantise au CDP. Le remaniement gouvernemental à venir. Si les pronostics s’avèrent exacts, les plus estampillés "CDP" devraient faire place nette aux têtes de turc "FEDAPISTES". Au même moment, dans les sphères stratégiques de l’Etat et de l’administration, le toilettage aura été accompli. Si comme il se chuchote de plus en plus à haute voix, si le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale a été dégommé pour avoir osé une remarque sur le statut juridique exact d’une association comme la FEDAP/BC, alors c’est un avertissement sans frais pour la cohorte des partisans.

La bataille à fleuret moucheté entre le CDP et la FEDAP va se poursuivre, même si les partisans du CDP sont de plus en plus nombreux à ne plus croire à un avenir dans le parti. Beaucoup d’ailleurs commencent à se faire très discrets, quand ils ne cherchent pas toutes les occasions pour faire allégeance.

Ce mois d’août ne sera pas de tout repos. Contrairement aux années antérieures, il y a fort à parier que peu de ministres et de responsables importants s’éloigneront de Ouagadougou ou de la Turquie où le président est supposé déposer ses pénates dès la semaine prochaine. Si le président a consenti de laisser chacun aller en vacances avant le remaniement, ce n’est pas sûr qu’il rende service à leurs nerfs. L’incertitude ne dispose pas à de vacances paisibles. C’est pourquoi du reste, nous avions titré la semaine dernière, à propos de ce remaniement, qu’il s’agissait en vérité de "vacances soucieuses". En définitive, la bonne leçon dans ce bras de fer FEDAP/CDP qui voit le second en perte de vitesse, c’est que dans la vie là, rien n’est immuable

Par Newton Ahmed Barry


Election à la présidence du Faso : Le CDP pour la suppression de la visite médicale ?

Le débat est actuellement engagé sur les reformes institutionnelles et politiques du Burkina. Un travail parlementaire a été rendu public sur la question et concerne divers domaines, dont celui portant conditions d’élection à la présidence du Faso. Sur ce sujet justement, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, le parti présidentiel) a fait une recommandation surprenante. Le parti recommande de faire l’économie de la visite médicale pour les candidats à la présidentielle.

Une décision incompréhensible, au regard de la position antérieure même du parti, qui sur cette question, s’était prononcé pour qu’on rende "obligatoire la visite médicale". A sa session extraordinaire du 26 juillet dernier, et dans un texte confidentiel, qui est tombé entre les mains de L’Evénement, le bureau politique national (BPN) fait un virage de 180 degré en précisant avec force, les parties du texte sont soulignées en gras, qu’il faudra pour les conditions d’élections à la présidence du Faso "faire l’économie de la visite médicale".

Qu’est-ce qui a pu bien se passer entre les délibérations de la session de juin, le 21 juin précisément, et celle toute récente de juillet, pour que le CDP change ainsi du tout au tout ? Si cette disposition devait être retenue, à l’issue du toilettage en cours du code électoral, la fonction de président du Faso serait alors la seule où l’on postulerait sans visite médicale. Pour un simple poste dans l’administration publique, on exige des postulants une visite et une contre visite. C’est vrai que c’est une simple formalité, mais elle existe quand même.

Si à ce niveau déjà, on exige du citoyen, qu’il montre patte blanche, du point de vue de la santé, à occuper la fonction souhaitée, ce serait vraiment le comble que l’on n’exige pas des candidats à la présidentielle de montrer qu’ils ont une santé qui leur permet de conduire les destinées de toute une nation.

Cette reforme pourrait évidemment passer, puisque le CDP est largement majoritaire. Elle restera malgré tout de circonstance. Elle pourrait prévaloir pour la présidentielle de 2010, mais on ne voit pas comment une telle disposition pourrait tenir sur la durée.

En même temps, quelque part, elle ravive les rumeurs sur la santé des éventuels postulants à la présidence du Faso du côté du CDP. Si le parti présidentiel recommande en express cette suppression de la visite médicale, c’est qu’il craint que son candidat putatif ne franchisse pas cette épreuve. Même si en la matière, c’est comme la disposition sur la déclaration des biens avant l’entrée en fonction. Il suffira au candidat putatif du CDP de présenter une simple enveloppe scellée. Qui osera la déchirer pour voir ce qu’il y a là dedans ? C’est en tout cas une disposition anachronique, si elle devait être validée par les députés à l’Assemblée nationale

Newton Ahmed Barry

L’Evénement



22/08/2008
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