Forum Médias et Développement : Une preuve du dynamisme du secteur au Burkina

Forum Médias et Développement : Une preuve du dynamisme du secteur au Burkina

mercredi 17 septembre 2008.
 
Du 11 au 13 septembre 2008, s’est tenu à Ouagadougou le forum Médias et Développement sous l’égide des commissions de l’Union africaine et de l’Union européenne. Venu de toutes les parties du monde, les acteurs des médias ont planché sur le thème et un plan d’actions a été adopté. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) y a également contribué.

En plus de ces acteurs, la présence du président de la Commission de l’UA, Jean Ping, et de celle du commissaire européen au développement, Louis Michel, a rehaussé l’éclat de ce forum. C’est l’occasion, comme l’ont déjà fait Blaise Compaoré,

Tertius Zongo et Filippe Savadogo, d’être reconnaissant à ces deux organisations d’intégration internationale et le PNUD, car le Burkina Faso n’était certainement pas le seul pays à pouvoir organiser cette rencontre. En outre, il n’est un secret pour personne que le Burkina Faso, à travers ce forum, a fait des envieux. Pour ce faire, l’UA, l’UE et le PNUD méritent notre gratitude.

Cependant, s’il faut être reconnaissant vis-à-vis de ces organisations internationales, rien ne coûte de dire également bravo au président du Faso dont l’efficacité diplomatique a été pour quelque chose dans le choix du Burkina, au premier ministre qui supervise l’exécution du programme présidentiel et au ministre chargé de la Communication qui s’est occupé de la mise en œuvre pratique du projet.

Cela est d’autant plus à propos que, en dépit des limites d’un tel forum et des lacunes de l’organisation, tout le monde (ou presque) y a gagné : les hôteliers, les chauffeurs de taxi, les compagnies aériennes, les sociétés pétrolières... Bref, ce tourisme de congrès a été vraiment profitable à nombre de Burkinabè.

Certes, politiquement, c’est le régime de Blaise Compaoré qui sort renforcé, mais ce n’est pas tant l’exploitation à des fins politiques des bonnes initiatives qu’il faut lui reprocher que la justification parfois systématique de ce qui n’est pas normalement recommandé. Et de toutes les façons, n’importe quel régime aurait exploité politiquement un tel succès diplomatique.

Un bémol, toutefois

Après avoir applaudi l’initiative et ceux qui en sont la base, le souci d’honnêteté commande que, face aux engagements pris à Ouagadougou, on reste prudent, car l’histoire regorge de pareilles grand-messes qui, tels des feux follets, n’ont brillé que le temps de leur déroulement. Ce n’est pas du pessimisme, mais du réalisme. Cela signifie-t-il qu’il faut croiser et attendre de voir ? Cette attitude de passivité serait alors l’une des causes d’un éventuel échec des suites du forum de Ouagadougou.

C’est dire que l’élaboration de la charte des droits et des devoirs des professionnels des médias, le site portail des médias et l’observatoire panafricain des médias (pour ne citer que ces projets) doivent également bénéficier d’une place de choix dans les préoccupations quotidiennes des femmes et des hommes des médias.

Les politiques ont déjà fait une partie du travail qui leur revient. Aux communicateurs de faire la leur. Autrement dit, ils doivent, comme ils le font pour d’autres domaines, être la mauvaise conscience des gouvernants en accomplissant leur corvée de sentinelle à travers des rappels (même désagréables) adressés à ces gouvernants pour qu’ils tiennent parole.

Ce serait là, une preuve supplémentaire du dynamisme des médias burkinabè tant vanté lors du forum. D’un autre côté, ce serait malséant que les pouvoirs publics, à travers le ministère chargé de la Communication et le Conseil supérieur de la communication (CSC) attendent que les médias commencent à prester avant de démarrer la machine administrative.

Les Burkinabè vraiment masochistes

Nous avons dit tantôt que la tenue et les conclusions du forum sont la preuve que le secteur de la communication au Burkina est dynamique. Cela paraît curieux dans un environnement où nombre d’acteurs, ces derniers temps, n’arrêtent pas de se plaindre. Ainsi, autour du code de l’information, du code de la publicité, des problèmes de fréquence, etc., des plaintes sont régulièrement enregistrées.

Si la pertinence de bien de ces points de vue ne se discute pas, la forme et les canaux d’expression de ces plaintes laissent parfois à désirer. Les rumeurs, les gargotes et les intrigues sont souvent utilisées. Toutes choses qui empoissonnent l’atmosphère et qui témoignent d’une insuffisance de communication entre communicateurs. Curieux n’est-ce pas !

A l’échelle de l’administration de la communication, il est courant d’entendre "C’est une situation de léthargie", "Il ne s’y passe rien", "C’est la monotonie et la rengaine". Or, il y avait déjà des Galians et les universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) par exemple ; il y a aujourd’hui en projet la télévision rurale et les conclusions du forum qu’il faut mettre en œuvre.

Même en prenant en compte les autres projets que nous avons passés sous silence, ce ne serait certes pas suffisant dans un pays aux multiples défis. Mais force est d’admettre que quelque chose se passe.

Ce qu’il faut souhaiter, c’est qu’à propos des sujets à grands débats, ne soient privilégiées que les voies formelles (lettres, réunions, séminaires...). S’agissant du volet institutionnel, si on a l’impression qu’"il ne s’y passe rien" que des propositions soient faites dans ce sens.

Maintenant, peut-être que les responsables du ministère concerné devraient, plus que de par le passé, écouter leurs collaborateurs à travers des rencontres même s’il n’en sort pas toujours quelque chose de techniquement ou d’intellectuellement nourrissant. Dans le rapport de l’être humain, il est psychologiquement conditionné à vouloir s’approcher de ceux qui incarnent ce pouvoir même si les raisons d’une telle motivation ne sont pas toujours fondées.

Au moins, il se rassure qu’à défaut de pouvoir l’incarner comme son supérieur hiérarchique, il s’en approche. Ce n’est pas un encouragement à tomber dans la marre boueuse du vulgum pecus, mais le souci de la recherche du juste milieu.

Zoodnoma Kafando

L’Observateur



19/09/2008
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