Humeur : Je pleure…Mon Afrique se meurt !

Humeur : Je pleure…Mon Afrique se meurt !

jeudi 22 mai 2008.
 
S’il arrive qu’on me pose la question de savoir si l’Afrique est un continent maudit, sans y réfléchir, je dirais non ! Mais quant à ses habitants, la question reste posée. Sinon, comment comprendre que malgré l’immensité de la richesse dont regorge son sous-sol et la fierté d’être le berceau de l’humanité, nous demeurons toujours le continent le plus pauvre. Que faisons-nous de notre soleil, nos terres cultivables ainsi que de nos cultures ?

Si seulement chaque Africain pouvait se poser la question de savoir, pourquoi nos dirigeants avant d’être élus, viennent comme des messies avec leur cortège d’espoir qui se transforme en désespoir une fois qu’ils sont au pouvoir, une fenêtre de solution nous serait ouverte. Car, au lieu d’attendre tout d’eux, nous nous mettrions au travail, surtout que certains sont eux-mêmes dirigés.

« PRODUISONS CE QUE NOUS CONSOMMONS, CONSOMMONS CE QUE NOUS PRODUISONS » !

Qui au Burkina n’a pas entendu ce mot d’ordre dans les années « 80 » ? Mais vingt-quatre ans après, des gens crient famine dans les rues du Burkina. Quelle honte ! Surtout que le Burkina était l’un des pays africains à atteindre ou presque, son auto-suffisance alimentaire... Devrons-nous toujours attendre qu’on nous oblige à continuer de faire ce qui est bien pour nous et nos enfants ? Personne ne construira le Burkina, si ce n’est les Burkinabè.

La cherté de la vie actuelle est un phénomène mondial et reste comme une sorte d’avertissement pour les Africains, de savoir prendre en main leur propre destinée, tout en prenant le soin de metre fin au suivisme. De nos jours, face à cette crise alimentaire, rien ne prouve que les Burkinabè souffrent plus que les habitants des autres pays. Bien que « comparaison n’est pas raison », ici au Ghana, chaque jour il y a de nouvelles tarifications. Mais, au lieu de perdre le temps à accuser les dirigeants, les citoyens préfèrent redoubler d’ardeur dans le travail. Ne pas vouloir du pouvoir en place est un fait ; travailler pour faire face à un phénomène mondial en est un autre.

En réalité, les Africains ne peuvent qu’en vouloir à eux-mêmes. Dieu nous a tout donné ! Qu’avons-nous à importer de quoi nous nourrir ou nous vêtir, si ce n’est la culture de la paresse dans le sens propre du terme ?

Nombreux sont les Africains qui en veulent à nos dirigeants... La question qui reste posée, est de savoir ce que nous faisons aussi pour qu’il y ait un changement. « Devrons-nous toujours attendre de voir le fantôme dans la chambre avant de fermer les portes et fenêtres » ? Comment comprendre qu’il a fallu cette crise, pour que des dirigeants prennent conscience de la nécessité d’exploiter leurs propres ressources, au détriment de l’importation ? Et ces mêmes Présidents reviennent toujours au pouvoir, par la volonté du peuple. De qui se moque-t-on ?

En tout cas, pour que les choses changent, il faut que nous changeons... Envoyer un enfant casser un feu de circulation pour crier famine, c’est créer un autre problème. S’il y a des gens à craindre, ce sont ceux qui se cachent derrière ce genre de manifestations, pour en faire un tremplin politique. Quant à nos dirigeants, s’ils ne répondent pas à nos attentes, attendons-les dans les urnes. Il est temps pour nous, d’ouvrir largement nos yeux ! Autrement, nous subirons les conséquences.

Le monde est en guerre ! Malheureusement, depuis la nuit des temps, l’Afrique somnole et le Burkina dort. Augmenter les salaires ou baisser les prix des produits n’est que résoudre le problème à moitié. Le pire est à venir si nous ne cherchons pas d’autres alternatives.

Dieu seul sait ce que certains fonctionnaires feront de cette augmentation, surtout que les gérants de bars et de salons de coiffures ainsi que les vendeurs de pagnes et de motos font d’eux, leurs meilleurs clients. Que dira-t-on de la mode des téléphones portables et l’argent qui s’envole dans l’achat des unités pour régler les futilités ? De toutes les façons, j’aurais mieux compris ces grèves incessantes si les revendications portaient sur l’exploitation de nos propres ressources.

Lamoussa Kyelem

Accra (Ghana)



25/05/2008
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