Inauguration de la mine d’or de Youga : Les premiers lingots sortent de terre

Inauguration de la mine d’or de Youga : Les premiers lingots sortent de terre

lundi 19 mai 2008.
 
Le Premier ministre, Tertius Zongo, a procédé vendredi 16 mai 2008, à l’inauguration de la mine d’or de Youga dans ladite localité située à plus de 200 km de Ouagadougou dans le département de Zabré, province du Boulgou.

Youga vit au rythme journalier de la production de lingots d’or. Durant environ 7 ans, 580 000 onces d’or seront produites par la société Burkina Mining Compagny (BMC), filiale du groupe canadien Etruscan Resources Incorporation. Après avoir lancé, le 17 octobre 2005, les travaux de construction de la mine et investi trente milliards de F CFA, Youga a coulé son premier lingot, le 2 mars 2008. Ainsi, exploité par BMC, détenteur de 90% des actions et les 10 autres par l’Etat burkinabè, 400 employés permanents et autant de non permanents produiront 25 tonnes d’or de métal durant le septennat à venir.

C’est tout heureux de voir cette manne contribuer à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie des populations que le Premier ministre a palpé un "spécimen" de lingot d’or de Youga en compagnie du ministre Kader Cissé des Mines, des Carrières et de l’Energie et des autorités administratives, coutumières et religieuses de la région du Centre-Est. Selon le ministre Kader Cissé, les bénéfices de l’exploitation de la mine seront profitables non seulement aux caisses de l’Etat, mais aussi à la population de Youga. "Elle apportera, a-t-il dit, annuellement au Trésor public plus de 15 milliards de F CFA en moyenne au titre des impôts et taxes, et contribuera au développement de la zone, à la réalisation d’infrastructures socioéconomiques appropriées". D’ores et déjà, Youga a bénéficié de la construction d’une maternité avec un château-d’eau, de 4 nouvelles salles de classe équipées de tables-bancs et de forages. L’exploitation d’une mine peut provoquer des effets néfastes sur l’environnement. Pour éviter cela, BMC consacrera 70 millions de F CFA par an pour la restauration des sites affectés.

150 milliards de F CFA par an pour l’Etat d’ici à 2015

Avec les mines d’or qui s’ouvrent au Burkina Faso, signe de la vitalité du secteur, les caisses de l’Etat pourraient être renflouées d’ici à 2015. A en croire Kader Cissé, les recettes de l’Etat "titilleront" les 150 milliards de F CFA par an. Cette somme sera versée par les sociétés minières au Trésor public au titre des impôts et taxes annuels. En sus, la réalisation de nombreuses infrastructures socioéconomiques donneront le sourire aux populations des régions concernées. S’inscrivant dans cette logique de réalisations d’infrastructures, le bourgmestre de Zabré, Désiré Zagré a plaidé pour que soit mis en place un plan de développement durable prenant en compte les populations rurales. Il a relevé le fait que la route non bitumée allant de Manga à la frontière du Ghana en passant par Zabré n’ait encore fait l’objet d’étude technique. Le gouverneur du Centre-Est, Siméon Sawadogo est, quant à lui, convaincu que les mines sont un important levier de développement. "Elles sont une réaction appropriée contre l’asphyxie économique des pays tel le Burkina Faso". Il a appelé BMC à avoir un droit de regard et de protection du couvert végétal, à préserver l’écologie et à prendre des mesures idoines de préservation de l’écosystème.

Un manque crucial de personnel qualifié

Dans cette lancée de la production minière, le manque de personnel qualifié dans le domaine semble être un casse-tête chinois pour les sociétés minières. Le président du groupe Etruscan, Gerard Mc Connell, tout en relevant que son champ d’action s’étend sur 8 pays (Mali, Niger, Côte d’Ivoire, Ghana, Bénin, Afrique du Sud, Namibie, Burkina Faso) a indiqué que les mines doivent relever des défis principaux. Entre autres, la recherche de travailleurs qualifiés et la formation au travail minier. Pour pallier cette insuffisance, Mc Connell propose la création d’un centre national de formation pour les travailleurs du secteur minier. Il a dit son engagement à participer à une telle initiative afin de combler les besoins des sociétés dans un avenir proche. Le ministre des Mines, Kader Cissé approuve cette donne car son département "s’efforce de trouver avec les partenaires du secteur minier les voies et moyens pour l’exploitation effective des gisements identifiés, source de création d’emplois et de richesses au bénéfice de la nation burkinabè". Au terme de la cérémonie ponctuée par des prestations de troupes traditionnelles et des remises de cadeaux, les officiels ont visité la mine pour s’imprégner des réalités de travail des producteurs de lingots d’or.

Daouda Emile OUEDRAOGO daouda.ouedraogo@sidwaya.bf


Tertius Zongo s’exprime sur le "boom minier" au Faso

"Au regard des perspectives, le secteur minier au Burkina Faso est un secteur d’avenir. Il s’agit maintenant de réunir les conditions nécessaires pour transformer cette opportunité en réalité. Toutes nos préoccupations aujourd’hui doivent aller dans ce sens. Les mines sont en train d’entrer en production, il s’agit pour nous de savoir comment faire pour continuer à améliorer l’environnement pour que ces mines trouvent un cadre où elles peuvent gagner de l’argent. Tous ces miniers qui viennent au Burkina ne viennent pas pour nos beaux yeux. Ils viennent pour gagner de l’argent. Et l’Etat lui-même y gagnera de l’argent .

En retour, l’Etat doit créer les conditions pour une transparence dans la gestion des ressources minières. Puisque si l’Etat gagne de l’argent, cet argent va servir d’abord au développement.

Nous devons de ce fait, mettre en place des mécanismes qui permettent au Burkinabè de savoir ce que le secteur minier rapporte au pays mais aussi ce qui a été investi. L’autre aspect concerne les ressources humaines. Nous sommes dans un domaine hautement professionnel. Quoi qu’on dise, si nous ne nous réorganisons pas pour former des gens qui peuvent être des travailleurs dans ces mines, d’ici à deux ans, nous verrons que les travailleurs qualifiés viendront de l’extérieur. Et nous allons avoir des problèmes.

Par conséquent, le gouvernement a déjà donné un certain nombre d’instructions. Il y a eu une première réunion entre le ministre des Mines et les opérateurs miniers pour définir les profiles types qu’on souhaite avoir dans les mines et qu’on ne trouve pas au Burkina. J’annonce alors que sur instruction du président du Faso, nous allons ouvrir dans les mois à venir, un institut de formation uniquement dédié à la mine afin de nous assurer que les bénéfices aussi bien en emploi qu’en ressources financières vont être en première analyse, destinées au Burkina Faso. Donc, nous devons travailler ensemble à réaliser ce secteur d’avenir. C’est pourquoi, je voudrais dire aux travailleurs, que le privé lorsqu’il investit, il investit son argent. Nous devons en tant que Burkinabè nous dire que nous devons avoir un esprit d’entreprise. Lorsque nous travaillons dans une entreprise, nous devons nous identifier à l’entreprise. Nous devons vouloir que cette entreprise vive pour qu’elle continue à nous faire vivre. Nous devons faire fi des humeurs et travailler à une transparence dans l’entreprise en faisant connaître les résultats de l’entreprise et que le travailleur lui-même se considère comme faisant partie de cette famille dont il veut son bien".

Propos recueillis par D.E.O


La mine d’or de Youga en chiffres

- Exploitation à ciel ouvert à partir de 5 carrières à un rythme de huit millions de tonnes de minerai et de stériles par an
- Usine de traitement par lixiviation du charbon traitant 1 000 000 tonnes de minerai par an
- Réserve de minerai initiale de 6,6 millions de tonnes à une teneur de 2.7 g/t (580,000 onces d’or)
- Durée de vie initiale de la mine équivalent à 6,6 années
- Flotte d’engins miniers composée de 4 camions de transport du minerai de 100t et d’une excavatrice de 120 tonnes en sous-traitance avec la société irlandaise PW Mining International
- Approvisionnement en eau à partir d’une station de pompage sur la rivière Nakambé et d’une canalisation de 11 mètres
- Village minier offrant tous les services à 80 travailleurs de la mine
- Une ligne de transmission électrique de 21 km en construction, reliera la ville de Zébila (Ghana) au site minier de Youga afin d’y fournir 10 MW d’électricité en plus de la présence sur le site, d’un groupe électrogène au carburant diesel de 8 MW
- 350 employés en temps plein comprenant du personnel expatrié et national
- 80 km de ceinture aurifère et plusieurs autres indices minéralisés déjà localisés dans un rayon de 3 km de l’usine.

D.E.O

Sidwaya



19/05/2008
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