L’ambassadeur ivoirien au Burkina fait un rêve

Fête nationale ivoirienne

L’ambassadeur Kodjo fait un rêve

Le 7 août 2008, la Côte d’Ivoire a soufflé ses 48 ans d’indépendance. A cette occasion, son représentant diplomatique au Burkina Faso, le docteur Richard Kodjo, a convié les Ivoiriens, les amis et partenaires de la Côte d’Ivoire à venir commémorer l’événement en sa résidence.

Conjoncture politique impose, il s’est appesanti sur la crise qui a secoué son pays, et à la fin, a fait un rêve sur une éventuelle fusion BF-CI. L’arrêt sur les 6 ans de crise sociopolitique a été obligatoire pour l’ambassadeur ivoirien au Burkina Faso qui a parlé de "route tourmentée de notre histoire récente". Et pour lui, l’Accord politique de Ouaga signé le 4 mars 2007, proposé, rappelle-t-il le 19 décembre 2006 par Laurent Gbagbo, est la solution à cette crise. Il y croit dur comme fer et pour cela 16 mois après cette signature, il a fait une revue de détails des étapes parcourues :

 d’abord, les audiences foraines, entamées depuis septembre 2007 et poursuivies jusqu’au 15 mai 2008, ont permis de délivrer 586 755 jugements supplétifs sur 617 420 requêtes ;
 le processus électoral cahin-caha marche bien avec les travaux de l’opérateur technique SAGEM, qui se poursuivent en collaboration avec l’Institut national de la statistique (INS) sous le contrôle de la commission électorale indépendante (CEI) ; laquelle CEI, à en croire son patron, Mabeu-Beugré, publiera de nouvelles listes électorales le 31 août 2008 ;

 militairement, le regroupement des forces loyalistes est terminé le 4 janvier 2008, celui des Forces nouvelles se poursuit, malgré quelques desideratas tels les sautes d’humeur de certaines d’entre elles, ce qui, du reste, est normal dans un tel processus ;
 l’Administration se redéploie doucement avec la nomination de préfets et autres représentants de l’Etat ;
 un code de bonne conduite a été signé par les uns et les autres le 24 avril 2008, qui permettra la reconnaissance pour tous des résultats présidentiels ;

 sur le plan économique, la Côte d’Ivoire a décidé de lutter contre la délinquance économique, en combattant le racket (qui coûte, selon la Banque mondiale, au pays entre 90 et 150 milliards de F CFA). De même, un assainissement de la gestion de la filière café-cacao a permis la mise en examen de 36 personnes en début juillet 2008. L’Etat ivoirien a pu faire face aussi à sa dette intérieure en payant 38 milliards au secteur privé (soit 16% de cette dette), ainsi qu’à ses arriérés du 1er trimestre de 2008 à l’endroit des institutions internationales.

L’ambassadeur Richard Kodjo a souligné également les succès diplomatiques engrangés par la Côte d’Ivoire ces derniers mois, et en est venu à la coopération bilatérale BF-CI en ces termes : "Les exportations du Burkina Faso vers la Côte d’Ivoire qui avaient connu un infléchissement au plus fort de la crise connaissent aujourd’hui une embellie... Les importations, quant à elles, connaissent une croissance soutenue avec la politique de promotion hardie du port autonome d’Abidjan". Et le traité d’amitié et de coopération issu de la visite d’Etat qu’a effectuée Gbagbo chez son ami Blaise du 27 au 29 juillet 2008 augure des perspectives prometteuses.

Embouchant la même trompette que le chef de l’Etat ivoirien qui veut que "l’axe Ouaga-Yamoussoukro soit le pivot de la coopération ouest-africaine", le diplomate ivoirien a fait un rêve, celui de voir aboutir "la fusion entre les deux Etats", car après tout, selon lui, si entre les 2 pays, il y a un mariage inséparable, il est "peut-être temps de songer à la mise en commun des biens". Un rêve qui n’est pas sans rappeler celui de la double nationalité, idée de Maurice Yaméogo qu’on tenta de mettre en pratique en 1965.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga du 11 août 2008





11/08/2008
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