Le Mogho Naaba Baongho et l’archevêque Compaoré en bouchent un coin aux refondateurs

Le Mogho Naaba Baongho et l’archevêque Compaoré en bouchent un coin aux refondateurs

lundi 12 mai 2008.
 
Un petit tour chez quelques-uns des refondateurs (en partance pour Bobo-Dioulasso où des contacts sont prévus) pour avoir la température de leurs activités, et nous sommes repartis en nous disant que le déplacement en valait le détour. Refaisant le point de leurs dernières visites, il nous a été donné de nous rendre compte que la Refondation ne suscitait pas que de la curiosité ; elle provoque aussi la compréhension et des adhésions souvent des plus inattendues.

Chez le Mogho Naaba Baongho par exemple, rien n’indiquait que l’entretien se passerait dans le fond comme dans la forme, dans les conditions vécues par les visiteurs qui en sont encore tout ébaubis. Le Mogho Naaba, qu’une certaine rumeur disait si inféodé à Blaise Compaoré qu’il pouvait même lui céder ses titres de noblesse, a d’abord mis les petits plats dans les grands pour recevoir la délégation. Il était entouré de ses ministres, et c’est dans la solennité que les entretiens ont eu lieu. Il a saisi l’occasion pour exprimer ses sentiments par rapport à la situation nationale et dire combien il a été quelque peu dépité, après avoir reçu la délégation gouvernementale à la suite des dernières émeutes, de ne pas voir relatées par la presse certaines de ses critiques et en particulier celle qu’il a adressé à ces nouveaux riches, gonflés de fatuité au point de cultiver l’arrogance et le mépris vis-à-vis de ceux qui n’ont pas le minimum vital. Il a félicité l’initiative originale des refondateurs et encouragé les membres d’avoir su montrer l’exemple du surpassement des intérêts particuliers au profit de l’intérêt général. Les bonnes dispositions de l’Empereur des Mosse à l’égard du dialogue préconisé ont fortement impressionné les Zoubga Alain, Touré Soumane, Dabo Amado et Christian Koné, qui étaient loin de s’attendre à un aussi bon accueil et à tant de compréhension par rapport à la Refondation. Au sortir de l’entretien, pour que tous dans la cour impériale et ailleurs en soient bien informés, le Ouidi Naaba a fait, au grand contentement de l’attroupement, un bref compte-rendu des échanges. Bref, une cerise sur le gâteau, qui a ravi la délégation.

Un autre compte-rendu nous a particulièrement accroché, c’est celui relatif à l’entretien accordé par le patron de la Métropole ecclésiastique, l’Archevêque Jean-Marie Untaani Compaoré, aux refondateurs. Les choses, nous dit-on, se sont passées dans une atmosphère quasi bon enfant. En raison de ses relations anciennes avec l’Archevêque, Touré Soumane l’a appelé « Mon frère en Christ » à l’étonnement de beaucoup qui se demandaient comment le fervent musulman qu’il était pouvait être frère en Christ de Monseigneur Compaoré. Il faudra que là-dessus, un jour, il nous éclaire sur le code secret de cette singulière fraternité.

Mais pour en revenir à l’entretien, il nous sera rapporté qu’il n’a rien eu à envier à celui qu’ils ont vécu avec l’Empereur des Mosse. L’Archevêque, qui a également été étiqueté par l’opinion comme quasiment un complice de Blaise Compaoré et un défenseur impénitent de son régime, quoi qu’il advienne, s’est révélé un esprit critique, libre et soucieux de bonne gouvernance. Il y est allé aussi de ses remarques par rapport à la situation nationale. Certains ont failli en avaler leur langue ! Et puis, il a avoué qu’il a pris son temps pour observer l’évolution des refondateurs. Il n’a pas caché le sentiment de méfiance qu’il a eu au début, pensant qu’il avait affaire à une autre ruse des opposants pour essayer de se rattraper. Mais il a fini par être convaincu que c’est une entreprise qui méritait qu’on la considère et qu’on y adhère. Il a relevé pour ses hôtes le bien-fondé de l’idée, de la démarche et exprimé en latin avant de le reprendre en français que « l’Eglise est toujours à réformer » à l’image de toute œuvre humaine. Il leur dira que si on peut rassembler tout le monde dans la paix et le calme, c’est bien mais qu’il ne faut pas se déchirer au risque après de devoir recoller les morceaux. Il faut arriver, a-t-il convenu, à s’asseoir ensemble, s’arrêter pour réfléchir et se redonner les moyens de repartir sur de meilleures bases. Il a souhaité par la suite que le cercle des adhésions à l’initiative s’élargisse et demandé aux Alain Zoubga et autres de ne pas ménager les efforts pour porter l’information au plus profond du Burkina Faso.

Les refondateurs diront qu’en sortant de l’audience, ils avaient le cœur léger, gonflé de ce sentiment d’être compris mais surtout de faire œuvre utile. Pour eux, si le Métropolitain est si compréhensif, il y a des chances que ses évêques emboîtent le pas.

VT

San Finna



13/05/2008
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