Production de riz au Burkina Faso : "Les grandes potentialités existent...", selon le vice-président de la CODDE

Production de riz au Burkina Faso : "Les grandes potentialités existent...", selon le vice-président de la CODDE

mardi 22 avril 2008.
 
Au Burkina Faso, le riz est un sujet de préoccupation grandissante et revêt de ce point de vue, un caractère de plus en plus stratégique. A l’heure où l’on annonce une pénurie très prochaine de cette denrée, nous avons rencontré le vice-président de la Coalition des organisations de la société civile pour le développement durable et équitable (CODDE), Souleymane Badiel. il évoque les objectifs de la CODDE dont l’une des missions est de promouvoir la production du riz local.

"La situation est critique dans la mesure où quand on observe le niveau de production du riz au Burkina Faso, cela ne permet pas de résorber la crise annoncée". Ces mots sont du vice-président de la Coalition des organisations de la société civile pour le développement durable et équitable (CODDE), Souleymane Badiel. La CODDE est selon M. Badiel, une organisation œuvrant depuis un certain temps, à la promotion du riz local. Pour lui, le Burkina Faso est largement dépendant de l’extérieur concernant sa consommation en riz. "Nous dépendons de l’extérieur pour 70% pour notre consommation en riz.

La production locale ne couvre que 30% des besoins de consommation", a-t-il dit. La production annuelle du Burkina Faso en riz est estimée à 70 000 tonnes pour une consommation d’environ 200 000 tonnes. Pourtant, des potentialités d’extension de la production nationale existent. A entendre le vice-président de la CODDE, le Burkina Faso dispose d’un potentiel de près de neuf (9) millions d’hectares de terres agricoles, de cinq cent mille (500 000) hectares de bas-fonds aménageables. M. Badiel regrette que sur toute cette superficie, il n’y a que vingt et un mille (21 000) hectares qui sont aménagés. De même, sur une surface de terres irrigables d’environ 165 000 ha, seuls 12% sont exploitées. A cela, il faut ajouter, toujours selon M. Badiel, plus de 1 500 barrages avec un volume de cinq cents (500) milliards de m3 dont seulement 20% des eaux sont utilisées.

De l’avis de Souleymane Badiel, l’insuffisance de la production locale malgré les potentialités, s’explique par "un manque d’une politique cohérente". Pour que la production du riz local atteigne un seuil de l’autosuffisante, la CODDE propose que la politique de la culture du riz intègre la situation du Burkina Faso dans la sous-région. "On arriverait à résorber le problème, si l’on tient compte des potentialités existantes dans les autres pays, notamment ceux de l’UEMOA", a souligné le vice- président de la coalition.

Souleymane Badiel déplore également la libéralisation du secteur du riz qui a engendré l’inondation du marché par du riz importé, revenant moins cher que celui produit localement. Toute chose qui pénalise les producteurs nationaux dont certain ont abandonné à un certains moment, leurs périmètres. A propos de la qualité du riz produit au Burkina Faso, les promoteurs soutiennent qu’elle est bonne. "Scientifiquement, nos chercheurs ont démontré les valeurs nutritives des variétés que nous produisons chez nous", a soutenu M. Badiel.

Alban KINI
Céline OUEDRAOGO (stagiaire)

Sidwaya



24/04/2008
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