Scénario PAI pour le FFS

Politique

Scénario PAI pour le FFS

Ça devait se terminer ainsi, la guerre feutrée puis ouverte, qui se déroulait au sein du Front des forces sociales (FFS) : une implosion du parti, porté sur les fonts baptismaux le 2 octobre 1996. C’est la leçon qu’on peut tirer du congrès extraordinaire du FFS tenu ce week-end et qui a accouché d’un nouveau bureau politique, présidé par le philosophe Drissa Komo. Exit Bassière Nestor et Cie, eux qui se sont auto exclus, en convoquant un congrès extraordinaire le 4 mai dernier pour proclamer la mort du FFS et sa fusion avec l’Union des partis sankaristes(UPS).

Ce jour-là, 81 délégués de la tendance Bassière, qui était le président de cette formation, prononçaient la dissolution du parti dans l’UPS, en proclamant que « le FFS ne saurait appartenir à un individu, qui assoirait les prémices ou les bases d’une royauté mal à propos ».

Un congrès extraordinaire qualifié de nul et de nul effet par le fondateur du FFS, Norbert Tiendrébéogo, qui avait eu ces propos à propos des congressistes : « Ceux qui ont fait ça ne connaissent pas la honte sinon ils n’allaient pas descendre aussi bas.

Le FFS est régi par des textes ». En clair, les congressistes de mai dernier se seraient réunis au mépris des statuts et du règlement du parti, lesquels précisent que seuls les 2/3 des délégués des provinces ou le Conseil national sont habilités à réunir un congrès extraordinaire.

Ce 4 mai 2008 marquait véritablement la fin des faux armistices et des amabilités de façade entre Norbert et Nestor (voisins de siège à l’Assemblée nationale), bref, l’épilogue ( ?) de l’aventure politique entre deux camarades. La rupture était effective.

Pourtant, lorsqu’en fin septembre début octobre 2006, lors du 4e congrès ordinaire siégeant à Bobo, Norbert lâcha la présidence, qui échut à Nestor, les bouches fendues au mauvais endroit, qui affirmaient que le premier ne veut aucun poste que la présidence, se sont tues, surtout que les deux seront élus députés UPS. Que s’est-il donc passé pour qu’à peine plus d’un an après on assiste à un enterrement-résurrection du FFS ?

Il faut sans doute aussi chercher les raisons de ce micmac dans les querelles de leadership, chose la mieux partagée dans les formations politiques. Et là, défilent des questions dont les réponses varient selon que l’on les pose à l’une ou à l’autre des tendances en présence : Norbert a-t-il opposé son veto à cette fusion parce qu’il n’ a pas été retenu comme président de l’UPS ?

L’intéressé trouve cette question saugrenue et sans objet, objecte à l’envi que le FFS a toujours été un pionnier dans toute action unitaire des sankaristes, sans pour autant chercher à en prendre les commandes. Cas de la CPS, où le FFS avait proposé Nongma Ernest Ouédraogo comme patron.

A l’opposé, « vieux Jo » et ses camarades, qui sont à la tête de l’UPS, n’ont-ils pas péché par précipitation ? Si le rassemblement des partis sankaristes est un impératif, il ne faut pas qu’il se fasse au prix de « l’unité-gâchis ».

En effet, s’il est vrai que le FFS est la « locomotive » de l’UPS, il est normal que la présidence lui revienne. Problème : le camp de Norbert estime que Bassière a été cornaqué par Joseph Ouédraogo et sa suite, car « manipulable à merci, chose impensable avec Norbert ».

Voilà le syndrome PAI qui se profile à l’horizon, puisque le MATD aura encore à dire si le FFS vit ou s’est dissous dans l’UPS ; en clair, où se trouvent la légitimité et surtout la légalité. Une affaire politico-judiciaire en perspective.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Observateur Paalga du 30 juin 2008





30/06/2008
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