Université de Ouagadougou : Le film des événements avant la fermeture

Université de Ouagadougou : Le film des événements avant la fermeture

vendredi 4 juillet 2008.
 
Il est de tradition à l’Université que les enseignements prennent fin le 31 mai de chaque année suivis des examens et des délibérations. Cette année, le Collège des directeurs d’UFR, le Conseil scientifique (CS) et le Conseil de formation et de la vie universitaire (CFVU), prenant en compte le démarrage tardif des enseignements du fait de plusieurs semaines de grève de l’ANEB en fin d’année universitaire passée (2006-2007), a décidé de faire un sacrifice en n’accordant à la communauté universitaire qu’une semaine de congés de fin du second trimestre, en poursuivant les enseignements et les évaluations jusqu’au 28 juin. Les délibérations étant prévues de se tenir au plus tard le 14 juillet 2008.

En dépit de cette bonne disposition des enseignants et de la grande majorité des étudiants, depuis le mois de février 2008, l’ANEB a entrepris par l’intermédiaire des corporations qu’elle anime dans les Unités de formation et de recherche (UFR), une série d’actions de revendications avec des grèves perlées. Le point de départ a été l’UFR Sciences de la santé (SDS). Les revendications de cette corporation étaient axées pour ce qui est de l’académique autour de l’application effective des textes portant conditions de remise de copies aux étudiants…Cette revendication qui ne devait pas en être une, a trouvé rapidement solution lors d’une rencontre de travail. Pour ce qui concerne les autres points, le ministre d’Etat, ministre de la Santé a mis en place une commission de travail à laquelle participe deux délégués de la corporation ANEB de l’UFR SDS. Depuis le début des travaux de cette commission, les choses semblent être entrées dans l’ordre dans cette UFR. Au moment même où l’accalmie revenait sur le campus, des revendications naissaient dans les UFR Lettres arts et communication (LAC), Sciences politiques et juridiques (SPJ), Sciences exactes et appliquées (SEA) et Sciences de la vie et de la terre (SVT).

Pour ce qui concerne l’UFR/LAC, la revendication portait sur le redémarrage des enseignements de la filière arts dramatiques suspendus pour cause de non paiement des frais de vacation des enseignants vacataires depuis deux (2) années universitaires. En effet, les enseignants retenus ont assuré les enseignements mais les demandes de nomination n’avaient pas été agréées en raison du niveau académiques suffisant pour être nommés vacataires. En concertation avec les services financiers de l’université, une solution a été trouvée pour régler cette dette d’un montant de dix huit millions ( 18 000 000 ) de francs CFA. La balle était dès lors dans le camp des créateurs et animateurs de cette filière qui se sont engagés à organiser les enseignements.

Avec l’accord du directeur de l’UFR/LAC, il a été convenu de geler les recrutements de nouvelles promotions jusqu’à ce que l’on trouve une solution durable à celles déjà recrutées. Pour ce qui concerne l’UFR/SJP, suite au débrayage de la corporation ANEB de cette UFR, celle-ci a été reçue le 20 mai 2008. Leurs revendications étaient relatives aux infrastructures (agrandissement de la bibliothèque de l’UFR, mise à disposition d’amphithéâtres, de toilettes), d’ordre académique ("sérieux" dans l’organisation des enseignements et des examens, démarrage de la formation à l’informatique) et suppression des frais de recherche en 3e cycle. Des réponses ont été apportées à toutes ces revendications tout en montrant que le besoin des infrastructures trouvera une résolution idoine dans le cadre de l’Université Ouaga II.

En attendant, recours est fait aux pavillons du SIAO et les deux nouveaux amphithéâtres de 2 500 places en finition vont permettre d’y faire face. Pour ce qui concerne les UFR/SEA et SVT les revendications sont d’ordre académiques (relecture concertée d’arrêtés portant sur les questions de dérogations, de transferts,…l’instauration de l’anonymat, la compensation inter modulaire et la conservation de crédits et sous-modules entre années académiques), social (l’octroi d’une bourse à tout étudiant inscrit en 3e cycle, le "retour" aux anciens tarifs pour les frais de laboratoire…) infrastructurel (augmentation de la capacité d’accueil des laboratoires d’enseignement et leur équipement en matériel moderne). Les corporations ANEB/SEA et SVT ont été reçues séparément le 19 mai (matin et après-midi) puis ensemble le 13 juin pour leur donner les garanties de l’engagement du gouvernement à trouver des solutions aux problèmes d’infrastructures de l’université.

Au cours de ces rencontres, il leur a été signifié que nonobstant le fait que les questions de bourses, aides et prêts le soient du ressort du CIOSPB et du FONER, sur instruction du gouvernement, des études faites ont débouché sur des propositions concrètes (prêts FONER incluant les frais de laboratoire). Pour les questions académiques, les deux corporations ont été informées qu’après avis favorable du conseil scientifique en sa session du 6 mars, un arrêté autorisant les compensations inter-modulaires et intra-modulaires a été pris. Le crédit n’est pas une unité d’enseignement. Le crédit sanctionne un enseignement d’un volume horaire de 25 heures et le sous-module n’étant pas une unité d’enseignement homogène, ne peut être conservé, contrairement au module qui est conservable à vie. En ce qui concerne la relecture du texte relatif aux dérogations et aux transferts, elle relèverait essentiellement des prérogatives des enseignants-chercheurs.

Dans ce domaine, les 22 membres du conseil scientifique dans leur sagesse se conforment toujours au système international, notamment celui édicté par le CAMES qui sert de base pour prendre des décisions au niveau local. Les concertations se sont élargies à l’ensemble des associations estudiantines à caractère syndical (ANEB, MEFA, UESB, UNEF, UNARES) le 20 mai 2008 puis à l’ensemble des trois (3) syndicats d’enseignants de l’université (SYNADEC, SNESS, SYNTER), le jeudi 2 mai 2008.

Le but des rencontres était d’attirer l’attention sur l’état d’exécution du calendrier universitaire tel que l’a adopté le Conseil de la formation et de la vie universitaire (CFVU), le 11 janvier passé. D’autres réunions portant sur l’état d’exécution du calendrier universitaire ont eu lieu avec la présidence de l’Université Ouaga II, les directeurs d’UFR et d’instituts, le Conseil scientifique, le Conseil de formation et de la vie universitaire. L’ensemble de ces rencontres a abouti à un réaménagement du calendrier universitaire donnant plus de chances pour boucler les programmes et faire des évaluations. C’est dans ce sens qu’une proposition de réaménagement du calendrier universitaire a été adopté par le Conseil de formation et de la vie universitaire, le 17 juin 2008.

Au regard de ce qui précède, des réponses ont été apportées à l’ensemble des préoccupations des étudiants tout en privilégiant le dialogue. La seule question restée sans réponse satisfaisante concerne la relecture concertée des dérogations et transferts…Non seulement cette question relève de la prérogative du corps enseignant, mais il importe de savoir que sur 4380 demandes de dérogations, 2873 ont été agréées. La dérogation n’étant qu’une faveur et non un droit, on voit tout l’effort dans le traitement de ce dossier car parmi ces étudiants qui réclament des dérogations, on constate que NGM, inscrit en droit depuis 1990, demande après 17 ans une dérogation pour faire la 3e année de droit.

En tout état de cause, les corporations ANEB des UFR, SEA et SVT ont été informées qu’elles pouvaient soumettre les cas de dérogations non accordées qui satisfont les conditions d’octroi ; la présidence s’engage à résoudre immédiatement ces cas. A ce jour, aucun cas n’a été soumis.

DCPM/MESSRS

Sidwaya



05/07/2008
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